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Du point de vue actuel, la bataille de Verdun englobe trois dimensions : la première et certainement la dimension la plus importante de cette bataille stratégique réside dans le fait que la stratégie du chef d’état-major allemand Erich von Falkenhayn, une action isolée fatale sans accord avec l’allié autrichien suivant la stratégie militaire de l’hémorragie à blanc et ayant comme but de motiver l’Angleterre de se retirer de la 1e Guerre mondiale, a échoué. L’Allemagne n’a pas réussi à réduire ses pertes à un minimum ; la bataille a glissé des mains de Falkenhayn et de ses commandants. Les contremesures du commandement français ont eu plus de succès que Falkenhayn n’avait pensé. L’attaque échoua et on n’arriva pas à prendre l’objectif des Côtes sur la rive est de la Meuse par un assaut. Le 24 juin 1916 les Forces britanniques, avec les troupes françaises, ont entamé la première bataille de la Somme avec un grand déploiement de forces. Il ne s’agissait pas d’une action improvisée, action que Falkenhayn voulait déclencher avec l’attaque sur Verdun. En fait, l’Angleterre poursuivait de façon concentrée son but stratégique, c’est-à-dire détruire l’Allemagne avec des moyens militaires. La deuxième dimension de la bataille de Verdun doit être vue dans le contexte de changements opérationnels, tactiques, techniques et de formation qu’elle a engendrés. La bataille constitue un lien avec une série de développements qui menèrent à de nouveaux modes de combat ainsi qu’à des changements dans les domaines d’équipement et de formation, changements qui se sont avérés nécessaires suite à la mécanisation croissante lors de la guerre des tranchées. Une troisième dimension psychologique déploie ses effets jusqu’à nos jours. Elle a mené à des changements d’attitude envers la guerre en Allemagne et en France. Elle a influencé les préparations de défense françaises après la 1e Guerre mondiale et elle a marqué jusqu’à nos jours la relation franco-allemande. Déjà au début de la 2e phase de la bataille de Verdun, on a vu clairement que le commandement opérationnel du général von Falkenhayn avait échoué. Il n’était pas possible, comme il l’avait pensé, de mener la bataille en minimisant les propres pertes et en maximisant les pertes françaises. Tout au contraire : la bataille lui passa entre les mains. A la fin, les deux côtés avaient subi presque le même nombre de pertes. Après la 1e G.M., le champ de bataille de Verdun fut conservé comme monument en état dévasté; seulement certaines parties furent reboisées. Devant l’ossuaire du grand cimetière militaire français, ossuaire dans lequel les ossements de milliers de soldats allemands et français sont conservés, le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl ont scellé en 1984 la fin de la longue inimitié entre l’Allemagne et la France, inimité qui avait duré des siècles.

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