La politique étrangère et de sécurité commune loin d’être réalisée Unilatéralisme et budgets serrés

 

Friedrich W. Korkisch

Si en 2002 on était plein d’euphorie concernant la PESD, la PSDC et la PESC, on voyait déjà clairement en 2005 qu’il y avait des problèmes dans leur réalisation. Certes, il y avait des auteurs qui pensaient que c‘était une conséquence de la Guerre d’Irak, de l’orientation de plusieurs états européens vers les USA ou des faiblesses de conduite dans la politique européenne, mais il était clair que la situation budgétaire de l’UE ne permettait plus que de maintenir en vie l’OTAN et de se retirer sur les Forces armées nationales - ce qui mena certains états à abandonner des chars, de l’artillerie, des avions de combat, der troupes de génie, et des navires de guerre et les mena à une situation où l’on n’avait même pas de contingents pour des projets de concentration de moyens, mis à part les avions de transport (European Airlift Center). C’est pourquoi on forme encore et toujours des coopérations de substitution, ainsi entre la France et la Grande Bretagne, entre la France, la Belgique et l’Allemagne et parmi les états scandinaves ou les États de Višegrad. On planifie encore toujours en Europe des « sommets de clivage européens », sommets qui finissent sans résultat suite aux intérêts opposés et à un manque de moyens budgétaires. Le silence de la plupart des états européens à propos des événements en Syrie est remarquable. Depuis la Guerre du Vietnam, on sait que des programmes de « nation building » (édification de la nation) n’apportent rien, peu importe sous quel nom. Aussi le terme de « conprehensive approach » (approche compréhensive) n’est qu’une formule vide si la population n’accepte pas les changements, comme c’est le cas en Afghanistan. Le gouvernement des USA a donc de nouveau déclaré que des programmes de nation building seront seulement financés là où il est possible obtenir un succès (contrôlable). Il était clair que les USA sous le président Barack Obama, devant leur orientation vers l’Asie de l’est, iraient réévaluer l’OTAN en Europe et essayer de trouver de nouveaux alliés. Ainsi, une ligne géopolitique claire vis-à-vis de la Russie est tracée. En ce qui concerne l’Iran, on va jouer la carte des négociations parce que la diminution des dettes est la première priorité et parce qu’on sera capable de compléter l’endiguement de la Chine par des relations amicales avec le Vietnam et des nouvelles relations avec le Laos et la Birmanie. Ici s’ajoute le fait que la Chine a intensifié sa démarche vis-à-vis de la Corée du nord et le gouvernement nord-coréen est en train de préparer une réorientation politique. L’élargissement du « Partenariat pour la Paix » à un « Partenariat Global » a été thématisé depuis la Guerre de l’Irak. Des premiers pas dans cette direction furent déjà implémentés il y a longtemps par des « Coalitions de Bénévoles ». Le fait qu’on ait élargi à Washington le cercle des états PfP (Partenariat pour la Paix) fiables et amicaux par la Finlande, l’Autriche, la Suède et la Suisse est d’un côté la conséquence de l’orientation des pays européens qui ne sont pas membres de l’OTAN vers une collaboration plus étroite avec les USA et l’OTAN, mais aussi la redécouverte de nombreuses communautés politiques, historiques et culturelles ainsi que de relations personnelles. Ainsi, l’Autriche se retrouve tout d’un coup dans le cercle étroit des états PfP sur lesquels les USA et l’OTAN vont plus compter.