Le conflit du Kashmir entre le Pakistan et l‘Inde -
aussi un obstacle à la pacification de l’Afghanistan


Ulrich Stahnke

Depuis début 2011, l’Inde appartient, en tant que membre élu non permanent, au Conseil de Sécurité de l’ONU à New York et participe ainsi à toutes les consultations et prises de décision concernant la maîtrise des crises et des conflits internationaux. Comme l’Inde (de même que l’Allemagne) vise un siège permanent dans le Conseil de Sécurité réformé, l’Inde devrait faire plus d’efforts pour approcher une solution à son propre conflit au Kashmir, conflit dans lequel elle se trouve avec le Pakistan, son voisin direct. Dans ce conflit qui existe depuis des décennies et qui a aussi des conséquences pour la politique européenne, on trouve une des nombreuses clefs, si pas la plus importante, à la solution du conflit de l’Afghanistan, conflit qui pèse de plus en plus sur l’Europe et l’OTAN. En tant que parti de conflit, le Pakistan a appelé la Communauté internationale à soutenir la cessation de son conflit avec l’Inde. Dans le texte suivant, on va exposer la multiplicité et la complexité du conflit de Kashmir et démontrer des solutions possibles, s’il y en a. Puisque le Pakistan est qualifié comme l’épicentre du terrorisme international par beaucoup de spécialistes et puisque l’Inde peut être désignée comme le parti le plus calculable de ce conflit, le Pakistan sera au centre de nos observations. Le Pakistan veut faire croire qu’il serait aussi une victime des extrémistes islamistes, comme le reste du monde. Mis à part le fait qu’en vérité il est devenu une victime de sa propre générosité et de son indulgence vis-à-vis des Islamistes, on ne peut pas se débarrasser d’un fort  soupçon: la supposition que le Pakistan joue un double jeu et, ainsi, essaye de tirer un profit financier et politique de la situation en Afghanistan. Tandis que l’économie indienne connait une croissance rapide, le Pakistan est sous la perfusion financière de l’ouest, et le militaire touche chaque année des milliards de dollars US pour aider les Alliés dans leur lutte contre le terrorisme. La stratégie pakistanaise qui consiste à infliger à l’Inde, avec (apparemment) des efforts militaires et politiques minimaux, des dépenses militaires et des pertes de légitimité politique maximales, semble être de plus en plus contreproductive : les groupes terroristes, à l’origine formés, entrainés ou financés pour des missions dans le Kashmir, se laissent de moins en moins contrôler ; ils coopèrent avec les adversaires islamistes de la politique intérieure de leur propre état ; ils participent à des attentats et des soulèvements sur le territoire pakistanais ; ils contribuent potentiellement à des divergences d’opinion, à des querelles idéologiques et à l’instabilité des forces armées et des services secrets. Une stratégie qui visait à affaiblir l’Inde dans le Kashmir met actuellement en question la sécurité intérieure du Pakistan, la capacité du militaire, la survie du propre état et, non moins important, la coopération indispensable avec les USA. L’ouest a besoin du Pakistan s’il veut pacifier l’Afghanistan. Sans une solution pour le Kashmir, un progrès politique et économique sera difficile sinon impossible dans cette région. Dans l’ensemble et face à la dimension historique du conflit et de l’aliénation profonde des élites et des habitants des deux états, une bonne dose de scepticisme devrait persister quant à une solution rapide du conflit du Kashmir.