L’Armée de la Confédération germanique comme conséquence du Congrès de Vienne – une tentative de l’établissement d’une armée commune comme garantie de paix

 

Franz Ettmayer

Le Congrès de Vienne a mis fin à une période de guerre avec un traité de paix civilisé qui a, avant tout, assuré l’ordre continental européen au-delà du siècle, et qui lui a donné de la stabilité. Le Congrès était basé sur le principe de la légitimité, qui s’appliquait à tous les membres, et ainsi a permis des perspectives aux vaincus depuis le départ des négociations. La constitution militaire de la Confédération germanique a imposé à ses états une symétrie de la structure des forces armées qui n’a pas encore pris en considération le développement de la production en série industrielle et qui demanda aux états membres souverains un minimum personnel et matériel.  L’ordre de paix de l’an 1815 a, plutôt inconsciemment, placé le Royaume prussien dans une « situation à deux fronts » qui a incité le commandement militaire à élaborer des plans stratégiques, ce qui a entraîné l’installation d’écoles de guerre et l’établissement de stratégies de guerre. Les nouveaux efforts de défense, par exemple contre la France, avaient comme conséquence l’intégration de la technique par le biais des chemins de fer comme moyen de transport. Les mesures de construction qui s’ensuivirent ont nécessité la coordination entre le militaire et les instances de construction civiles ainsi que la mise à disposition des moyens financiers nécessaires. Du côté militaire, une certaine dépendance de procédures d’autorisation civiles a dû être acceptée.  La « conduite de guerres » n’était plus une « affaire » seulement du militaire ou de son souverain, mais aussi une affaire d’état. Les conséquences pour les forces armées de la Confédération germanique et la façon de coordonner dans la commission militaire montrent un certain parallélisme avec les objectifs actuels de la « politique européenne de sécurité et de défense » (PESD). Les objectifs de l’Union européenne sont de créer une force armée commune (les soi-disant « forces pour des opérations internationales ») et d’ainsi donner à l’UE sa capacité d’agir dans le cadre de la « politique étrangère et de sécurité commune » (PESC). Lors de négociations tenaces à Cologne (juin 1999), à Helsinki (décembre 1999) et à Nice (décembre 2000), l’Union européenne a pris des décisions durables pour l’établissement de « forces de réaction rapides » pour correspondre au contrat de Maastricht du 2 février 1992. Pendant ces négociations, on a discuté de sujets semblables à ceux que l’on trouve dans les actes confédéraux de la Confédération germanique, actes dont la partie militaire a été mise en pratique dans la Constitution de guerre de la Confédération germanique. De ce point de vue, l’affrontement avec la complexité de l’Armée de la Confédération germanique semble obtenir son actualité. Vu les défis actuels dans un monde plein de conflits avec des organisations étatiques et non étatiques pas toujours contrôlables, les approches de solution choisies en matière de politique de sécurité par le Congrès de Vienne après la dissolution du Saint Empire Romain Germanique en 1806, ou les approches choisies après la dissolution de l’Union soviétique en 1989, semblent mériter de ne pas tomber dans l’oubli.