L’idée et la réalité d’une guérilla allemande

La guerre autrichienne de 1809 et la « guerre du peuple » en Allemagne

Martin Rink

 

Au début il y a eu Napoléon - et au début de son règne la révolution. Ces deux événements historiques importants ont caractérisé une nouvelle forme de guerre, la « guerre du peuple ». La guerre et sa référence au « peuple » ont marqué le quart de siècle entre 1789 et 1815. Qu’on devait faire la guerre au nom du peuple, cela fut la légitimation politique principale de toute action militaire au 19e et 20e siècle. Cette conception d’un droit de disposition du militaire et de la guerre légitimé par le « peuple », quel qu’il soit, s’opposait aux idées monarchistes « absolues » devenues la ligne directrice pour les actions (pro)étatiques à partir au moins du 17e siècle. L’abolition de la séparation entre la politique intérieure et extérieure à la suite de la Révolution française se propagea aussi vers l’Allemagne (du nord). Ce fut un chemin qui mena à travers l’Espagne et l’Autriche jusqu’en Prusse, et qui, à partir de là, fit partie du mythe de la fondation de la « Nation allemande » - finalement sous l’aigle des Hohenzollern et non pas sous l’aigle des Habsbourg. Sans l’Autriche, bien sûr, ce chemin serait incomplet, parce que ce fut seulement la guerre de 1809 qui servit de catalyseur pour les conceptions « modernes » ou, si l’on veut, « révolutionnaires » de la guerre du peuple. Pour l’Autriche, le résultat de 1809, la paix de Schönbrunn, mena à un retour vers la politique de cabinet ; pour la Prusse cette conception « révolutionnaire » ne fut - officiellement - jamais abandonnée jusqu’en 1813. Dans la « tempête de 1813 », la Prusse pouvait seulement se débarrasser de la dominance napoléonienne avec l’aide des Allemands nationaux (et avec l’aide de la Russie, sous le drapeau de laquelle il y avait beaucoup d’exilés allemands). Ce fut, du point de vue allemand, le début de la mission allemande de la Prusse. Du point de vue prussien néanmoins, ce fut le début du déclin successif : L’état des Hohenzollern fut, à partir de là, successivement absorbé par l’Allemagne. L’histoire entre mai 1808 et le début de l’été 1809 fut tranquille. L’Autriche aurait eu, certainement, le temps dans ce créneau horaire de devenir « allemande », mais dans ce cas-là, les allemands feraient partie de l’état autrichien.