La situation stratégique à la fin de l’année

Lothar Rühl


L’an 2009 fut une année d’horizons nuageux - mais aussi la vue stratégique sur 2010 resta voilée à la fin de l’automne d’une année mouvementée. La raison principale résidait dans la crise économique mondiale non résolue et son origine directe, la crise du système financier global avec ses institutions réagissant de façon dysfonctionnelle, crise qui se montrait surtout comme une crise du capitalisme financier international. La crise du système et le recul conjoncturel global que celle-ci avait causé, persista pendant toute l’année 2009, même si elle sembla temporairement atténuée et éclaircie vers la fin de l’année. La déformation causée par elle dans le commerce mondial, dans le transport maritime et aérien, dans l’industrie et l’économie énergétique ainsi que le déclin commercial sur les différents marchés continua pendant les 12 mois, d’octobre 2008 à octobre 2009. Une estimation des potentiels de pouvoir et des puissances relatives des pouvoirs individuels en comparaison internationale pour une corrélation des forces ne fut possible que sous une certaine réserve parce que les conséquences financières, économiques et socio-politiques pour les différents pays n’étaient pas encore visibles pour les années à venir. Sous cette réserve, la Chine et l’Inde semblent être les deux pouvoirs qui sont sortis de la crise actuelle avec les pertes les moins importantes et les meilleures perspectives de croissance économique. Cela s’applique aussi à leurs dépenses et équipements militaires, même si on se trouve dans une période de dépendance croissante rapide des importations pétrolières de la Russie ou du Moyen-Orient ainsi que de l’Afrique et de l’Amérique latine.

Néanmoins, dans tous les pays occidentaux ainsi qu’en Russie, il en ressortit clairement que les ressources financières des états furent considérablement réduites et qu’on devait ainsi diminuer par exemple les dépenses militaires, surtout les projets d’achat d’armes à long terme, ou qu’on fut obligé de les financer par de nouvelles dettes. Avec cela, une pression massive sur les budgets militaires du futur prévisible fut créée. Comme dans le domaine conventionnel de l’armement seulement peu d’économies furent possibles pour les USA et les autres pays-membres de l’OTAN tant que la guerre en Afghanistan continuerait, l’accent des discussions resta sur le désarmement nucléaire, bien que de possibles économies de dépenses ne puissent pas avoir des conséquences financières positives à court terme. L’OTAN doit être prête à réagir dans toutes les directions stratégiques et sur tous les fronts de conflits potentiels. En somme, les conflits de notre planète restèrent inchangés dans leur nature. Pour combien de temps cette phase de délai des développements stratégiques durerait à partir de 2009, ce n’était pas encore prévisible à la fin de l’année dans le brouillard de la guerre au-delà de la colline. Cela est aussi valable pour le Proche-Orient et la Corne d’Afrique avec la Somalie ainsi que pour la piraterie privée de grande envergure. Dans ce contexte, il fut remarquable, mais pas surprenant, que ni la guerre d’été en Géorgie de 2008 ni la guerre de Gaza menée par Israël en Palestine vers la fin de l’année n’aboutirent à des décisions de grande portée, mais apportèrent néanmoins des avantages considérables, même si pas vraiment durables, pour ceux qui furent militairement supérieurs et politiquement plus conséquents : la Russie et Israël. Sinon, les situations restaient inchangées.