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La situation stratégique à la fin de l‘année

Lothar Rühl

 

Les événements internationaux tumultueux de 2017/18 ont renforcé différentes positions frontales, surtout au Proche-Orient, positions apparues depuis les interventions de pouvoirs externes et ont aussi clarifié les perspectives de conflits. Les initiatives politiques de quelques acteurs ont causé des confusions, mais elles ont, d’abord, aussi en quelque sorte détendu des anciennes contradictions et ont donné une chance à la diplomatie, comme par exemple le discours d’ouverture du président Trump à l’égard du dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Dans ce cas-là, l’escalade rhétorique de menaces réciproques avec guerre et destruction fut, au sommet de la polémique, inversée en une expression de respect mutuel. Néanmoins, en ce qui concerne le fond, tout est resté ouvert. Un danger de guerre général n’a pas non plus existé au sommet de la confrontation rhétorique. On a préparé une deuxième réunion en automne 2018. L’armement chinois, en ce qui concerne sa dominance aérienne et maritime sur les mers bordières de l’Asie orientale, dominance qui a pour but de repousser des puissances étrangères, d’établir des bases avancées dans d’autres pays littoraux ou sur des îles artificielles, et de projeter sa puissance militaire dans le Pacifique et l’Océan indien pourrait ainsi être neutralisé par la dominance d’escalade américaine dans un conflit régional. Là, réside le test de vérité de la stratégie chinoise : si la dominance d’escalade américaine existe sous forme d’une capacité garantie de seconde frappe et d’une défense antimissile dans la région pacifique - en tant que soutien pour la capacité offensive tactique et opérationnelle des forces américaines en Asie orientale contre la région littorale de la Chine, Pékin n’a aucune option réelle de guerre contre les USA. Pour le moment, les sous-marins chinois opérationnels manquent cependant de propulsions silencieuses, et la flotte manque de capacité de commandement et d’organisation pour mener des opérations anti-sous-marines efficaces. Nonobstant son propre armement, la politique d’expansion chinoise est encore toujours davantage orientée vers une ouverture économique de nouveaux marchés, un accès aux régions agricoles utilisables, aux ressources naturelles et d’énergie - buts qu’elle veut atteindre par l’intrusion dans les économies d’autres pays, surtout en Afrique et en Europe occidentale. L’exploitation de ces économies au profit du développement économique de la Chine, si possible aussi sous son propre contrôle, est le but de la « nouvelle route de la soie » chinoise. Cette expansion est déjà en cours depuis longtemps. Pour démontrer la capacité de réaction rapide de l’OTAN en cas de crise et vis-à-vis des projections de pouvoir augmentées de la Russie, par exemple en mer Baltique ou dans l’Arctique, et, ainsi, la rendre de nouveau crédible comme un avertissement basé sur des forces conventionnelles, l’OTAN a mené, après 1990, les premières grandes manœuvres en Norvège en 2018 avec environ 45 000 soldats. Les manœuvres de l’OTAN de 2015 étaient un exercice d’intervention ; les nouvelles manœuvres, par contre, constituaient un exercice de défense dans le cadre de l’alliance de l’OTAN, exercice mené pour tester le déploiement rapide et l’aptitude opérationnelle des forces alliées au flanc nord. Le président américain Donald Trump se trouve dans une contradiction de ses relations aussi bien avec la Russie qu’avec la Chine : d’un côté, il est à la recherche d’une entente avec les deux pays, de l’autre côté, il doit réagir avec une dureté conflictuelle aux défis de Moscou et de Pékin. En ce qui concerne sa politique intérieure, il doit s’avérer indépendant des deux pays vis-à-vis du Congrès et du public américain. Ce sont les conditions qui assignent à chaque président américain la polarisation continuelle aux USA après la fin de l’ère d’une politique étrangère non partisane.