De l’acquisition de connaissances jusqu’à la compétence d’agir

L’importance de la façon de penser

Gunter Maier


« La connaissance doit se transformer en une compétence »


Von Clausewitz a déjà souligné l’importance de différencier entre les termes « connaissance » et « compétence ». Dans l’entrainement moderne des cadres, on est aussi conscient de ce fait parce que l’on sait que la seule transmission de savoirs ne rend pas une personne automatiquement capable d’agir de façon adéquate (dans des situations concrètes) bien que cette personne sait probablement comment elle devrait agir. On doit donc différencier entre l’acquisition de simples connaissances et l’acquisition de la compétence d’action. Comme l’article présent ne met pas l’accent sur quelque chose qui n’est jusqu’à maintenant pas unanimement défini, il est important de formuler déjà au début une vision claire des buts à atteindre. Cet article a pour but de créer une base et de compiler des informations pertinentes pour définir une claire image du sujet. A cet effet, il se réfère surtout à la connaissance de praticiens expérimentés des derniers siècles. Cette image générée doit être considérée comme une aide pour les responsables de formation afin d’améliorer des cours de formation en définissant plus clairement le but à atteindre. Finalement, les méthodes pédagogiques et les contenus didactiques peuvent être choisis et arrangés de façon plus ciblée. De plus, on veut identifier des lacunes de compréhension et des contradictions pour montrer à la science des domaines d’activités possibles. L’article a pour but de rassembler des faits pertinents, mais il ne prétend pas du tout les analyser de façon complète, encore moins développer un concept global. La façon de penser est quelque chose d’essentiel, mais pas facile à comprendre. Surtout pour les responsables de formation, c’est très nébuleux et, ainsi, pas facile à représenter dans le processus de formation. C’est pourquoi ce n’est malheureusement pas souvent pris en considération. Cela a des conséquences négatives, parce que sans la génération d’une façon de penser par des processus de formation appropriés, il n’est pas possible d’acquérir systématiquement une compétence d’action basée là-dessus. Certaines personnes développent cette compétence d’action malgré tout, mais c’est un produit du destin parce que ces personnes ont été « alimentées » avec le nécessaire par d’autres canaux. Ici résident les potentiels de formation. Par une claire compréhension du but (de formation), c’est-à-dire une compétence d’action basée sur la façon de penser, but orienté vers les nécessités spécifiques et vers des processus de formation bien pensés ainsi que basé sur des programmes de formation et des méthodes d’enseignement appropriés, la formation peut être optimisée dans le cadre de nouveaux défis. La thématique est globale et extrêmement interdisciplinaire. Une discipline seule ne pourrait pas atteindre la clarté nécessaire. Cet article ne prétend pas élaborer une image complète. Il veut plutôt montrer où se trouvent, dans les disciplines individuelles, des éléments de construction de connaissance (parfois cachés) qu’il faut assembler. De plus, on a démystifié un sujet traité de façon nébuleuse, voire même ésotérique pendant des décennies, et cela certainement pas sans raison, parce qu’on voulait protéger son savoir. Par la compilation systématique des éléments de connaissance et par des interconnexions logiques, on peut mettre de la lumière dans l’obscurité. Le sujet de réflexion subit ainsi l’attention qu’il mérite à l’heure actuelle.