La stratégie des attentats djihadistes en Europe 

- attaques réalisées et attaques empêchées par les autorités de sécurité

Stefan Goertz

Selon l’Office fédéral autrichien de protection de la constitution, la plus grande menace pour l’Autriche vient toujours du terrorisme islamique. Bien sûr, pour le moment moins de voyageurs djihadistes (combattants terroristes étrangers) que prévus sont rentrés en Autriche. Néanmoins, ce groupe de « rapatriés djihadistes » constitue un potentiel de danger considérable pour l’Autriche, potentiel qui est difficile à calculer. De plus, il y a aussi des groupes minuscules djihadistes ou des terroristes solitaires qui représentent un danger important par leurs attaques à armes blanches ou à armes à feu, ou même par l’usage de voitures. En fin 2018, l’Office fédéral autrichien de protection de la constitution avait connaissance de 320 personnes d’origine autrichienne qui participaient ou avaient participé activement au Djihad en Syrie et en Iraq. On soupçonne que 58 d’entre elles sont mortes en Syrie ou en Iraq et que 93 sont rentrées en Autriche. La menace pour les démocraties occidentales provenant du conflit entre les grandes organisations islamistes, c’est-à-dire l’Al-Qaïda et l’Etat islamique, en tant qu’acteurs non gouvernementaux, est dominée par le principe de la stratégie asymétrique du terrorisme islamiste. Suivant les catégories de Clausewitz, divisées en « moyen, objectif et fin », le terrorisme islamiste peut être défini comme une situation dans laquelle un acteur non gouvernemental utilise de la violence manifeste et ciblée (moyen) contre des personnes civiles pour répandre peur et effroi (fin) et pour forcer un Etat de changer sa politique (objectif). Le Djihadisme international, en tant que stratégie violente et asymétrique spécifique, utilise le terrorisme comme un moyen tactique, sans exclure ni femmes ni enfants de leur logique d’objectifs. A côté du terrorisme, il utilise aussi la guerre de guérilla, la propagande et les moyens techniques de l’internet. L’idéologie totalitaire et la stratégie du Djihadisme international - basées sur des dichotomies déshumanisées de type «ami versus ennemi » mène à une échelle de violence qui est ouverte vers le haut. Les armes nucléaires, biologiques et chimiques constituent aussi des moyens potentiels pour les terroristes islamistes - ce qui fut prouvé par l’attentat à la ricine déjoué par les services de sécurité allemands à Cologne en juin 2018. L’emploi d’armes nucléaires, biologiques ou chimiques engendrerait un scénario de menace qualitatif et quantitatif que les polices des Etats européens ne pourraient pas maîtriser sans l’emploi d’un bon nombre de soldats - ce qui exigerait, du point de vue stratégique, une coopération beaucoup plus étroite entre les forces armées et les polices. Les attentats djihadistes empêchés par les services de sécurité des Etats européens montrent le danger qualitatif et quantitatif qui provient de tels attentats pour l’Europe - aussi dans le futur. Après une intervention policière contre la cellule terroriste dans le district de Dithmarschen, Allemagne, en janvier 2019, le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer a souligné que « la situation sécuritaire restera tendue et qu’un attentat terroriste peut avoir lieu à tout moment ». Actuellement et dans le futur, il y a deux scénarios de menace essentiels pour le monde occidental qui proviennent du Djihadisme : d’une part des attentats gigantesques et des scénarios tactiques multiples planifiés par des organisations djihadistes internationales comme l’Etat islamique (EI) et l’Al-Qaeda et, de l’autre part, des attentats d’un volume plus faible, commis par des auteurs isolés.