« L’Armée fédérale autrichienne au cœur des tensions engendrées par les nécessités de la politique de sécurité, les perceptions sociales et la sous-dotation budgétaire »

Robert Brieger

La contribution du chef d’état-major des armées de l’Armée fédérale autrichienne porte sur l'ancrage fondamental des forces armées dans l'État et dans la société autrichienne.
La thèse avancée est que la conscience sociale des menaces n'est pas très prononcée et que des améliorations seraient donc également nécessaires dans le domaine des principes fondamentaux de la politique de défense et de sécurité de l'Autriche.
Néanmoins, on peut affirmer que les nombreuses initiatives et efforts dans un passé récent ont notamment contribué à mettre la question de la sécurité et des forces armées au centre des préoccupations sociales.
La nature des attaques hybrides et l'exercice d'un pouvoir de contrainte et de la manière douce (Hard et Soft Power) par les acteurs seront discutés en partant de la défense nationale globale.
Un élément essentiel de ces attaques est que les attaquants hybrides utilisent divers moyens d'action (d'état) pour mener les attaques de manière subtile.
Les attaques ne sont donc pas perçues comme telles.
En Autriche, le terme « Safety » semble être généralement contraignant, tandis que celui de « Security » semble jouer un rôle subordonné.
Les raisons de cette perception collective sont multiples et seront citées.
Par conséquent, la mentalité de la société peut être décrite comme étant tournée vers l'intérieur et suggère une culture stratégique autrichienne gérée passivement.
Ainsi, le phénomène de la société autrichienne consistant à ne pas se sentir menacé peut être expliqué de manière plausible, ce qui contribue à un débat public périodique sur l’usage des forces armées.
Les États se différencient par leurs caractéristiques géographiques, géopolitiques, historiques et sociales, il existe néanmoins un consensus de base dans presque tous les États européens sur les questions fondamentales touchant la sécurité extérieure.
On constate une cohérence en matière de contenu dans l'évaluation des tendances mondiales, telle que la transformation d'un ordre mondial unipolaire en un ordre mondial multipolaire et concurrentiel dans lequel les États et les communautés d'États se font concurrence au niveau de leurs intérêts stratégiques.
L'utilisation des probabilités de survenance des risques et des menaces n'est pas très utile pour le développement des forces armées, étant donné que les développements stratégiques ne peuvent pas être expliqués par une extrapolation linéaire des événements passés.
Le rôle des forces armées peut être clairement défini sur la base de cette tendance mondiale. Il existe un besoin (dans le contexte d'une multitude de risques et de menaces différents) de forces armées diversifiées ne servant pas exclusivement de capacités de niche militaire.
Il est évident que l’on continuera à demander la fonctionnalité de base des forces armées à l'avenir.
Seules les forces armées sont en mesure de fournir des services qui ne peuvent être effectués par aucune autre organisation gouvernementale.
L’accomplissement de missions dans un environnement précaire contre diverses menaces doit rester le principe directeur du développement des capacités militaires.
En conclusion, une objectivation du sujet peut être observée dans la perception de la société, que ce soit par une promotion active du sujet dans le discours public ou par des événements de politique de sécurité du passé récent qui ont conduits à une matérialisation de l'image abstraite de la menace.
Cet intérêt offre la possibilité d'une amélioration progressive des fondements de la politique de défense et de sécurité.