L’UE entre une politique de défense et de sécurité passive et une incapacité opérationnelle militaire

Une étude comparative entre une possible Union de défense européenne et le Conseil de coopération du golfe arabe (GCC).

Ilya Zarrouk

Déjà pendant la République de Weimar, les termes « sécurité » et « liberté » sont devenus le savoir-faire des valeurs étatiques et morales. Dans ce contexte, ils ont aussi déterminé la situation générale de cette époque ainsi que le système d’états européen et ses activités politiques extérieures. Tout comme il y avait déjà des réflexions sur une coopération militaire uniforme dans la République de Weimar, l’ancien président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a mis sur l’agenda, peu avant sa retraite, le sujet d’une Armée européenne. Il faut donc poser, dans l’analyse présente, la question de savoir dans quelle mesure une possible Union de défense européenne et une Armée européenne liée à cette Union sont aussi capables de défendre ou même de pourvoir les intérêts européens. Dans ce cadre, il est important de considérer les termes « activité » et « passivité ». Sera-t-il vraiment possible pour l’UE de s’intégrer, après 60 ans, dans la géométrie variable d’une coopération de politique de sécurité et de développer une Union de défense, y compris une Armée européenne ? Cela sera-t-il possible du point de vue stratégique ou opérationnel ou est-ce qu’il s’agit d’une utopie qui ne se réalisera jamais ? Ce sont les questions que cet article va aborder. L’article va montrer quune Union de défense, comme par exemple le Conseil de coopération du golfe arabe (GCC) et ses alliés (d’autres pays voisins arabes) n’a pas produit les résultats espérés – ni au Yémen, ni en Iraq, ni en Syrie et ni en Lybie. Ces pays sont devenus des zones de guerre de procuration et, même pire, des terrains fertiles pour le trafic d’armes et le terrorisme. Donc, le GCC nous montre qu’il n’a pas été capable de pacifier certaines régions de guerre et, encore moins, d’arriver à une décision militaire. Dans une période où les relations transatlantiques sont en train de se dissoudre, il est d’une grande importance que l’UE et ses 27 pays membres ne parlent non seulement d’une stratégie globale mais que l’UE devienne l’initiatrice du développement de ses pays membres – développement qui doit créer aussi des capacités militaires – pour être capable de réagir de façon appropriée à des crises. C’est la seule méthode pour redonner aux institutions européennes, à l’UE, à l’OSCE et à l’OTAN leur statut d’une institution de sécurité – des organisations qui voient des obligations comme une géométrie variable de la coopération de politique de sécurité et peuvent ainsi aussi renforcer les droits privilégiés des Etats-nation.