Bernhard Richter

 

Le système international est marqué par une multipolarité croissante et, ainsi, par une augmentation du nombre d’acteurs importants, une importance croissante d’acteurs non-étatiques (aussi des acteurs violents), une interconnexion croissante des sociétés, des économies nationales, des systèmes de valeurs, etc. Au-dessus de cela se place, quasiment comme une métatendance, la globalisation qui, avec sa force énorme, a saisi toutes les sphères de vie, et qui contribue à un dynamisme de changement intensif du système international. A cause de cette incertitude, complexité et dynamisme croissants de l’environnement et des conditions-cadre, la connaissance se concrétise qu’un seul futur n’est pas possible, mais qu’on devrait plutôt penser sous forme de « futurs » alternatifs (les dénommés scénarios). Cette façon de penser sous forme de scénarios résulte de la connaissance qu’on ne pourra pas déterminer des développements futurs sur base d’un pronostic tiré d’une série de chiffres ou des imaginations implicites sur le futur. Le but de cet exposé est, premièrement, de démontrer ce qu’on comprend par le terme « scénarios » et combien de scénarios différentes existent ; deuxièmement la façon d’utiliser profitablement ces scénarios dans le processus de gestion stratégique et la survaleur qu’ils apportent ; et, troisièmement, de montrer des exemples d’utilisation pratiques du modèle de gestion stratégique présenté dans cet exposé à l’exemple des Forces armées autrichiennes et néerlandaises. Dans ce contexte, il faut mentionner que la méthode de gestion stratégique ne revendique pas de « réinventer la roue », mais qu’elle se base sur un processus établi (et générique) de gestion stratégique, processus qu’elle élargit en permanence. La décision en faveur d’une orientation stratégique et d’un développement continu de la propre organisation se base ainsi (la plupart du temps) non seulement sur un seul développement futur possible, mais sur plusieurs. De plus, on peut utiliser le modèle de processus ici présenté presque sans modification en économie ainsi que pour les processus de développement de stratégies de défense et de sécurité. « Il n’est pas important de connaître le futur, mais de s’y préparer » (Périclès).