Michael Paul

 

Lors de la campagne électorale présidentielle américaine, le président Barack Obama a dit au président russe Dimitri Medvedev qu’il disposera de « plus de flexibilité » dans le domaine contesté de la défense antimissile en novembre 2012, c’est-à-dire après l’élection présidentielle. Ainsi, après sa réélection, des options nouvelles mais aussi déjà connues se sont ouvertes pour surmonter les divergences. Si on n’arrivait pas à un accord, l’OTAN pourrait, dans peu d’années, se voir confrontée à des missiles nucléaires à courte portée dans l’exclave russe de Kaliningrad, et les relations avec la Russie, déjà tendues, pourraient encore s’empirer. D’autres craintes, comme par exemple la possibilité d’une course à l’armement entre les USA et la Russie, sont largement injustifiées, mais pas les soucis sur les conséquences possibles d’une méfiance. La meilleure façon de surmonter des malentendus serait une coopération dans la défense antimissile sous forme d’un échange d’informations plus intensif et d’une combinaison des capacités. Une autre possibilité serait un compromis qui pourrait également offrir des chances d’un désarmement continu stratégique et substratégique. Il n’est pas encore clair quelle décision le président réélu américain va prendre. Ce qui est sûr pour le moment c’est le fait que cette décision doit être prise au plus haut niveau avec le président russe Vladimir Poutine. Dans les prochaines années on pourrait, par exemple, arriver à un compromis qui, à la place de garanties, pourrait contenir un accord sur la coopération avec des règlementations sur la collaboration et le contrôle d’armement. Les idées russes concernant l’ampleur de la restriction des composantes d’un système de défense sont assez étendues. Néanmoins, ce serait peut-être suffisant si Washington se déclarerait prêt à limiter un nombre vérifiable d’intercepteurs. Ensuite, Moscou pourrait juger si les capacités du système de défense antimissile correspondent au but déclaré ou pas. Par conséquence, la collaboration pourrait continuer de se développer de façon pragmatique. La défense antimissile offre la possibilité d’améliorer durablement les relations entre l’OTAN et la Russie à long terme. Par cela, on pourrait en fait profondément renouveler les lois du jeu entre l’OTAN et la Russie. Il n’est toujours pas fixé si on va utiliser le potentiel pour une coopération. Du point de vue allemand et européen, une coopération continue, dans le sens d’une transparence et instauration de confiance approfondies serait raisonnable et souhaitable. Du point de vue américain, la coopération pourrait s’avérer même plus difficile si Moscou insiste sur des revendications maximales - même si le président Obama montre maintenant une certaine flexibilité dans cette question. Comme dans le processus de négociation sur le contrat « New START », on aura de nouveau besoin d’un engagement des deux présidents si on veut faire des progrès significatifs.