Eberhard Birk/Gerhard P. Groß

 

Le « Troisième Reich » fut, comme l’Empire allemand, un empire de guerre : la période entre le 30 janvier 1933 jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale fut marquée par des préparations de guerre. Dans ce contexte, deux « lois de base » idéologiques jouaient un rôle important : premièrement, il s’agissait de tirer des leçons - présumées - de la « légende du coup de poignard ». Deuxièmement, tout devrait servir à l’établissement d’un état totalitaire et autoritaire, basé sur l’idéologie national-socialiste et le regain de la position d’une puissance mondiale pour le Reich allemand par la violation du Traité de Versailles et le réarmement des Forces allemandes, devrait servir à la préparation d’une guerre pour « la conquête d’un nouvel espace vital dans l’Est et sa germanisation impitoyable », comme Hitler l’exposa avec une sincérité brutale dans son premier discours en tant que Chancelier du Reich le 3 février 1933 devant les plus hauts commandants de la Reichswehr (Forces armées allemandes). Ainsi, Hitler et les généraux allemands disposaient d’une « identité partielle de leurs buts ». Ces identités furent le point de départ d’une politique extérieure et militaire agressive du 3e Reich, politique qui servit à préparer la guerre. L’idée que « la révolution » aurait donné un coup de poignard dans le dos de l’armée victorieuse sur le champ de bataille à la fin de la 1ère Guerre mondiale a eu comme conséquence que, selon l’opinion des nationaux-socialistes, il fut nécessaire de créer dans le Reich un peuple conditionné par la propagande, peuple qui même en cas d’un développement peu propice de la guerre serait prêt à soutenir le « Führer » et la Wehrmacht « par une fidélité ferme » - la préparation interne d’une guerre. L’effort de redevenir un état autarcique fut le lien avec la préparation externe de la guerre - c’est-à-dire la politique extérieure et le procédé militaro-stratégique pendant les années suivantes, jusqu’en 1939. Afin de ne plus être dépendant des ressources d’outre-mer - ce qui avait causé d’énormes problèmes de ravitaillement dans le Reich allemand pendant la 1ère Guerre mondiale à cause d’un blocus à distance par la Marine britannique, on décida qu’un « Empire oriental », qui se montra déjà efficace pendant une courte période de temps en 1918 par la percée militaire allemande dans l’ancien Empire russe en train de s’effondrer, devrait contribuer à l’autarcie économique et stratégique du Reich allemand. La doctrine opérationnelle allemande fut l’essai de solution militaire, le dilemme stratégique d’obtenir une hégémonie continentale sans avoir une base suffisante de pouvoir économique, militaire et politique. Cet essai fut basé sur le refus des élites militaires et politiques de voir le vrai potentiel de pouvoir allemand. Les réflexions opérationnelles allemandes furent toujours marquées par des risques énormes, des risques qui mettaient même en danger l’existence du Reich. Elles ne furent certainement pas une recette de victoire, mais, finalement, seulement une solution de fortune - une doctrine pour « la guerre des pauvres » qui, quand-même, voulaient arriver à une « place au soleil ».