Wolfgang Hetzer

 

La notion de guerre n’est plus réductible à l’application directe de la force militaire entre deux états, et la notion de « crise » n’est pas adéquate comme désignation pour les événements dévastateurs constatés sur les marchés financiers pendant les dernières années. Il en résulte plusieurs conséquences dont la dimension de politique de sécurité n’a guère été le sujet d’un débat politique et professionnel jusqu’à nos jours. Cela doit changer pour des raisons impérieuses et urgentes. Des banquiers dits hyper-professionnels devaient avouer qu’ils n’avaient pas compris eux-mêmes les titres qu’ils avaient achetés pour des milliards. Même pire : ils doivent supposer que presque tous les compétiteurs se sont aussi procurés ces décharges toxiques et, donc, ne sont plus solvables. Ce fut la naissance d’un monde paradoxe : les états devraient sauver les banques, et pas le contraire. Ainsi, dans la politique comme dans l’économie, une situation s’est produite qui, entre autres, ressemble presque à des conditions de guerre, parce cette situation se distingue par l’absence de raison et de logique. La plupart du temps, les guerres commencent et finissent par des mensonges. Entre-temps, une folie méprisante va s’autonomiser et, finalement, s’institutionnaliser. Comme on est prêt à suivre le général victorieux dans la guerre, on croit de nos jours que les soi-disant « gouvernements d’experts » peuvent éliminer les déchets que les acteurs ont laissés sur les marchés financiers. Les gouvernements démocratiquement légitimés semblent de moins en moins être capables d’empêcher la propagation des déchets dans les coffres-forts des banques commerciales et centrales. Ils agissent dans un paysage de décombres causés par les cliques de l’économie des finances avec le style d’une armée de mercenaires en piteux état et sans considérer les pertes. Les USA ne semblent plus être motivés ni capables d’assumer les charges comme c’était le cas jusqu’à présent. Néanmoins, un succès économique est seulement possible dans un environnement sûr. Par une force d’austérité exagérée, ce seraient surtout les Européens qui risqueraient la solidarité de l’alliance et mettraient en péril la position géopolitique de l’OTAN. Dans l’arène globale comme dans l’ancienne Guerre froide, des blocs de puissance et d’économie sont encore une fois en train de s’établir, blocs qui suivent des intérêts complètement diversifiés. Pendant une crise financière, la question de la nature de l’argent n’est pas la seule question qui se pose à nouveau. Dans l’histoire, le déclin d’un système monétaire fut souvent le signal pour le commencement d’affrontements sociaux très durs. Les idées de bonheur bourgeoises s‘écrasèrent peu après dans le tourbillon d’inflation et de chômage. Un grand nombre de personnes furent forcées de se défendre, aussi par des actions violentes, contre les conséquences d’une politique ratée. Au cours de cela, la police fut abusée comme sbire par des cliques au pouvoir, cliques qui mettaient régulièrement leurs propres intérêts devant le bien-être commun. Cela était facile pour eux dans le passé, dans la mesure où ils pouvaient constamment étendre leurs positions dans une économie monétaire qui devenait de plus en plus complexe et douteuse. Ainsi, une zone de haut risque c’est développée, dans laquelle les structures établies d’une sécurité et ordre publics vont probablement se dissoudre.