Martin Pabst

 

Depuis des décennies, le conflit du Sahara occidental occupe la diplomatie. Le Maroc a unilatéralement annexé l’ancienne colonie espagnole et contrôle trois quarts de cette région de 252.120 km2. Les Saharauis se sont enfuis en grand nombre vers l’Algérie en 1975/76. Après la guerre de 16 ans entre le Maroc et le mouvement de libération POLISARIO, la mission de paix onusienne MINURSO fut envoyée en 1991. Néanmoins, cette mission ne fut pas capable d’organiser le référendum d’autodétermination, référendum accepté par les deux partis du conflit, parce qu’il n’y avait pas d’accord sur le droit de vote. La solution proposée par le Maroc d’établir une autonomie fut rejetée par le Front POLISARIO. Maintenant, c’est le « printemps arabe » qui fait bouger ce conflit. Dans la région contrôlée par le Maroc, des Saharauis marginalisés défient l’administration par des protestations. De plus, l’environnement de politique régionale est en train de changer. Des groupements djihadistes venant de la région de Sahel apportent un dynamisme supplémentaire à ce conflit et ont, pour la première fois, commis des actions violentes dans la région frontalière entre l’Algérie et le Sahara occidental en octobre 2011. Sans aucun doute, le conflit du Sahara occidental est encastré dans le conflit régional entre l’Algérie et le Maroc. Cependant, on ne pourra encore moins écarter le Front POLISARIO en tant qu’ « invention algérienne » qu’à l’époque le Congrès National Africain (CNA) en tant qu’ « invention de Moscou ». Dans l’UE, les états de l’Europe du Nord tendent de nos jours vers le Front POLISARIO, ceux de l’Europe du Sud vers le Maroc. Le Maroc se voit comme un facteur de stabilisation dans la région. Cependant, on doute s’il pourra maintenir ce rôle. Dans des accords divers avec le Maroc, l’UE a pratiquement reconnu le rattachement du Sahara occidental. Le « printemps arabe » se fait aussi remarquer dans les camps de réfugiés. Ainsi, à la fin de l’année 2011, il y a eu des manifestations de jeunes Saharauis qui revendiquaient des réformes dans le Front POLISARIO rigidement dirigé ainsi que de nouvelles approches pour surmonter le statu quo. Est-ce que les jeunes réfugiés vont accepter l’offre d’une autonomie marocaine? Est-ce la jeunesse, par contre, va revendiquer une orientation plus militante comme celle propagée par la fraction Frente POLISARIO Khat al-Shahid, fondée en 2004 ? Ou est-ce que les adolescents frustrés vont chercher leur bonheur dans la migration vers l’Europe ? En tout cas, le « printemps arabe » va faire bouger le conflit bloqué du Sahara occidental. Avec sa solution, on pourra éliminer un problème de réfugiés qui dure depuis déjà une décennie et on pourra surmonter un obstacle central de l’Union du Maghreb arabe.