Horst Pleiner

 

Dans cette analyse, on entend par le terme « printemps arabe » les développements évolutionnaires ou révolutionnaires qui, en commençant par la Tunisie, se poursuivent maintenant jusqu’en Egypte, le Yémen, la Lybie, le Maroc, le Bahreïn et la Syrie, visant un changement des situations politiques. On va consciemment renoncer à nommer le but de l’instauration d’une démocratie occidentale comme un critère global de ce mouvement. Cependant, si on regarde plus attentivement, on voit qu’on ne doit pas surestimer les approches faites dans cette direction et que la mise en relief reconnaissable de ces chemins vers une démocratie vécue par les média allemands devrait être basée en partie sur une surestimation des événements qui ne reflètent que très superficiellement l’image réelle. C’est là que réside un problème important concernant la perception différente des événements du procès qui fut initié par le « printemps arabe » et qui n’est toujours pas fini en Europe, y inclus l’Autriche et les pays affectés. La gamme des effets de la politique de sécurité du « printemps arabe » - dont le développement n’est pas encore fini - est énorme et dépend de l’envergure de l’imposition des groupements modérés ou radicaux. Les effets se montrent, par exemple, sur le plan politique et économique des pays affectés, c’est-à-dire leur stabilité et, ainsi, leur fiabilité en tant que partenaires économiques. De plus, une tendance vers une migration plus vaste de mécontents venant de ces pays va se produire si on n’arrive pas à créer des perspectives correspondantes là-bas. En cas d’une plus grande perméabilité de ces régions pour la migration vers l’Europe, on doit s’attendre à un autre défi pour la politique de sécurité. Une autre problématique est la possibilité d’une déstabilisation continue de la relation entre Israël et son voisinage. Avec une aggravation de cette confrontation, même si ce n’est que sur le plan idéel, on doit aussi s’attendre à une intensification du terrorisme où les criminels n’auront plus besoin d’entrer dans le pays parce qu’ils seront déjà sur place et, donc, plus difficiles à identifier. Ainsi, on ne peut pas exclure la tendance d’un renforcement de l’état de surveillance avec tous les effets accompagnateurs positifs et négatifs. Finalement, le programme nucléaire et de missiles iranien pose un autre problème qui se dessine par les actions multicouches de l’Iran, surtout sous forme de l’appui fourni pour des forces utiles dans les pays du « printemps arabe ». On soutient ce qui sert aux intérêts de l’Iran et renforce l‘antiaméricanisme pour ainsi arriver à ses buts par le biais d’une déstabilisation. Déjà la menace potentielle d’Israël a suffi pour Israël de penser à haute voix à une élimination de celui-ci, pour ainsi dire. Dans ce contexte, cela ne joue plus un rôle si l’Iran est vraiment en train de développer des ogives nucléaires et des missiles avec une portée jusqu’à 10 000 km. Le « printemps arabe » doit donc être vu, devant le conflit nucléaire continu avec l’Iran, comme un point de départ pour des décisions futures importantes dans un contexte plus large.