Johann Frank/Johann Pucher

 

En 2011, le gouvernement autrichien a entamé l’essai d’une réorganisation de la politique de sécurité et de défense autrichienne. Le chemin envisagé doit passer d’une révision de la stratégie de sécurité à une déduction de tâches et capacités militaires avec des buts précis à des profils possibles de défense et, après la prise de décision politique pour un profil final, mener à « l’Armée fédérale 2025 ». Capacité financière, acceptation politique et publique ainsi que focalisation sur le besoin prévisible national et international sont les critères essentiels auxquels on devra mesurer la nouvelle conception de la politique de défense. Face au développement volatile de l’environnement, il ne s’agit pas de l’implémentation d’un effort de réforme unique, mais plutôt de l’introduction d’un procès de développement et d’adaptation continuel qui assure une capacité de réaction rapide et une flexibilité stratégique vis-à-vis des conditions-cadre qui pourraient rapidement changer. Les éléments principaux de ce processus de gestion stratégique sont l’appréciation et l’anticipation globales du développement de la situation stratégique, une observation continuelle du scénario, l’enregistrement des événements essentiels stratégiques de cahier de tendance (« chocs stratégiques ») et le développement des objectifs finaux clairs de la politique de défense afin d’assurer un procès de contrôle transparent pour les objectifs à atteindre dans les missions de base nationales et internationales de l’Armée fédérale autrichienne. Une stratégie a surtout besoin des projets phares politiques afin d’avoir du succès. Les auteurs de cet article plaident, sur base de l’analyse présente, pour quatre idées de politique de sécurité : 1. Création d’un Office fédéral de politique de sécurité globale et de gestion internationale de crises afin d’assurer une coordination et administration nationale de prévention de crises nationales et internationales. 2. Adoption d’une déclaration de solidarité européenne centrale en cas d’attentat terroriste ou de catastrophe naturelle ou technique avec des conséquences transfrontalières. 3. Formation d’une unité de solidarité civilo-militaire régionale et, à long terme, d’une unité militaire d’intervention rapide en cas de crise pour des opérations internationales de gestion de crise, et 4. réalisation efficace de la variante de profil F2 « coopérations intensifiées nationales et internationales » ainsi que développement d’un portfolio de coopération international qui en dérive.