Thomas Rapatz

 

L’intervention militaire russe en Ossétie du sud comme réaction à l’attaque géorgienne contre Zchinvali et finalement la reconnaissance unilatérale de l’indépendance des régions renégates géorgiennes (l’Abkhasie et l’Ossétie du sud) par la Russie n’ont pas seulement endurci les relations russes avec l’Ouest, mais ont aussi montré que le Kremlin veut et peut protéger les citoyens et intérêts russes dans son voisinage direct. Dans ce contexte, on a pu constater que la Russie se montrait démonstrativement peu impressionnée face aux mesures de dialogue et de sanction de l’Ouest. Les conséquences à long terme de l’attaque géorgienne sur l’Ossétie du sud, attaque qui se solda par une défaite militaire initiée par des mesures massives russes d’intervention, engendrèrent non seulement des conséquences négatives pour les efforts géorgiens de réintégrer ces régions autonomes et entre-temps unilatéralement reconnues mais elles ont aussi considérablement affecté les relations des USA/OTAN et de l’UE avec la Russie - on parlait même d’un retour vers la guerre froide - et, en outre, un, jusqu’alors « conflit gelé » intragéorgien fut reinternationalisé. Les résultats du conflit avec la Russie ont, d’un côté, mené à la perte des régions rebelles de l’Ossétie du sud et de l’Abkhasie, et en général, laissé des traces massives dans les relations internes de la Communauté des états. Les différents jugements concernant la réaction russe et l’emploi des troupes russes dans la région centrale de la Géorgie ont mené à un désaccord massif parmi les alliés occidentaux et, au-delà de cela, aussi à une situation critique dans la relation entre la Russie et les USA. Cette situation s’est normalisée seulement en 2011. La sauvegarde du « cordon sanitaire » est-européen et la limitation de l’influence européenne et de l’OTAN dans le Caucase du sud et la région de la Mer noire furent soulignées comme priorité absolue par la politique extérieure et de sécurité russe. Comme « leçon apprise » russe, la réforme des forces armées fut initiée à partir de 2009, réforme qui sera probablement maintenant, après la réélection de Wladimir Poutine au poste de président russe, massivement poursuivie. Dans ce contexte, les plans russes pour une formation de forces de réaction mobiles basées sur des troupes aéroportées et les investissements massifs pour des nouveaux équipements comme des véhicules blindés, des hélicoptères, des avions de combat et pour une nouvelle fuséologie ne sont pas tout à fait nouveaux, mais leur cadre financier est énorme. Le développement politique des pays dans la région de la Mer noire et du Caucase n’est, en fin de compte, pas seulement influencé par la politique extérieure et de sécurité russe, mais aussi par les questions de l’élargissement de l’OTAN et par la politique européenne de voisinage vis-à-vis de cette région. La politique extérieure et de sécurité géorgienne a depuis été marquée par la volonté de se rattacher plus fortement à l’OTAN et à l’UE et de rendre irréversible son indépendance par rapport à la Russie. Reste à attendre si l’évènement gigantesque des Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi (Russie) sera l’occasion de déclencher d’autres troubles dans la région.