Quo vadis, Russie ? La stratégie de sécurité russe actuelle

Christian Wolf

 

S’il semblait déjà impossible en 1866 pour l’écrivain russe Fjodor Tjtuschew de comprendre son pays, est-ce que l’essai d’une analyse de la pensée géopolitique russe et de sa formation de stratégie est vraiment possible pour une personne extérieure ? Dans l’article suivant, on va quand-même essayer de le faire, parce que les effets des décisions prises par la Fédération russe - mot clé : « crise du gaz » -  peuvent parfois durablement influencer notre vie quotidienne et engendrer des répercussions politiques et économiques globales. Cette circonstance nous mène à la question de savoir comment la stratégie de sécurité russe se présente actuellement, à quelles influences elle est soumise et quels effets de politique de sécurité on peut en déduire. LA NSS2020 s’occupe des intérêts nationaux russes placés au-dessus des événements politiques quotidiens, et elle en fait le point de départ des objectifs poursuivis par la Fédération russe (FR). Si et comment les objectifs ambitieux de la NSS2020 peuvent être atteints, cela on pourra le mesurer par rapport à des défis comme le problème des nationalités, la diminution de la population, l’infiltration chinoise en Sibérie, l’avancement de l’Islam, le manque d’infrastructure et une structure d’économie obsolète. Une approche de solution pour le Caucase qui va au-delà d’une pacification militaire, une stabilisation interne étendue qui implique les minorités, une réorientation structurelle de l’économie, mais aussi un positionnement équilibré, tourné vers l’avenir et international de la FR sont les questions les plus urgentes qui ont besoin d’une réponse. Surtout dans le domaine de la politique extérieure et de sécurité on peut déduire que la FR ne sera plus prête à accepter sans rien faire dans le futur un élargissement de l’OTAN dans son voisinage stratégique. La Russie a, aussi comme avertissement pour tous les états de la C.E.I., comme l’Ukraine, tracé une ligne rouge dans le sable par ses actions militaires. Cela s’est clairement vu lors du changement de gouvernement en Ukraine. Ainsi, la NSS2020, contrairement à la plupart des états-membres européens, attache beaucoup d’importance à la disponibilité de forces armées puissantes. Mais elle fait aussi savoir, et encore une fois contrairement à la plupart des pays de l’UE, qu’à Moscou on a aussi la détermination politique d’utiliser ces forces armées. Dans ce contexte, on devrait encore une fois reconsidérer le développement prévu du potentiel militaire de l’UE. Ce développement fait partie d’une géopolitique russe qui remonte jusqu’au milieu du 19e siècle ; c’est le rêve d’un empire qui s’étend du Pacifique jusqu’à la Manche. Jusqu’à maintenant, l’Union Européenne actuelle n’a rien à y opposer. Où va donc la Russie ? Nous ne pouvons pas encore répondre à cette question avec certitude. Néanmoins, on peut déduire des intentions, actions et déclarations de la NSS202 que le gouvernement russe a intensifié ses efforts pour faire monter le pays comme un phénix des cendres de l’empire soviétique.