« Ne me tire pas sans raison, et ne me remets pas sans honneur ! » Maximilian Freiherr von Wimpffen (1770-1854)

Hubert Michael Mader

 

A Deutsch-Wagram, on peut voir l’épée du général Maximilian von Wimpffen, épée dont la lame est ornée par des mots gravés en français : « Ne me tire pas sans raison, et ne me remets pas sans honneur! » Cette devise marqua toute la vie de cet officier important de l’ancienne Armée autrichienne et s’étend au-delà de l’ère napoléonienne jusqu’à nos jours. Dans l’article suivant, on expose une petite biographie de Wimpffen et, ensuite, on esquisse la bataille de Aspern du 21/22 mai 1809, bataille très importante pour l’Autriche. Maximilian Freiherr von Wimpffen est né le 19 février 1770 à Münster, en Westphalie. En tant que fils du maréchal-lieutenant Georg Siegmund, il entra dans l’Académie de Wiener Neustadt le 1er mai 1781, d’où il fut assigné comme cadet de drapeau à la 9e Infanterie de Clerfait le 1er novembre 1786. L’année suivante déjà, il devint, en tant qu’aspirant, membre de la 19e Infanterie d’Alvinczy, où il s’excella plusieurs fois pendant la guerre contre les Turcs en 1788/89. Promu lieutenant encore pendant la campagne, il participa à l’assaut sur la forteresse de Belgrade (30 septembre 1789), où il se trouva à la tête des volontaires qui pénétrèrent dans la ville. Une pierre blessa son pied gauche, mais cela ne l’empêcha pas de continuer à se battre. Ainsi, son commandant, le comte Kolowrat, employa Wimpffen encore pour plusieurs tâches importantes et dangereuses. L’heure de gloire de l’Armée autrichienne près d’Aspern (21/22 mai 1809) contre les troupes de Napoléon ainsi que l’ascension professionnelle de Wimpffen se terminèrent abruptement plusieurs années plus tard. Napoléon offrit aux Autrichiens encore une fois une bataille (décisive) près de Deutsch Wagram (5/6 juillet 1809). Ainsi, on arriva à une autre confrontation de forces avec, de nouveau, Wimpffen comme chef d’état-major. Elle finit par la défaite des Autrichiens qui abandonnèrent le champ de bataille en tant que troupes vaincues mais pas maîtrisées. Le 11 juillet suivit encore la bataille de Znaim et, le 14 octobre, l’armistice qui mena au traité de Schönbrunn, traité dans lequel l’Autriche dut se soumettre à de dures conditions. Pour les Autrichiens il resta la conclusion douloureuse que la Monarchie habsbourgeoise seule n’était pas capable d’affronter le génie militaire de Napoléon. Wimpffen se montra comme officier de haut rang de « deuxième ligne » ; il ne lui fut pas accordé l’honneur de briller comme l’archiduc Karl ou, plus tard, Radetzky. Courage, fidélité, détermination et autorité sont les traits décisifs qui ont fait et qui vont toujours faire un bon officier. Le courage de Wimpffen a toujours été hors de discussion, ainsi que sa loyauté vis-à-vis de son chef de guerre. Dans le sens d’un officier moderne, Wimpffen se montrait décidé à suivre sa clairvoyance. Néanmoins, il était absolument prêt à mettre en jeu la vie de ses troupes ainsi que la sienne. Les nombreux exemples de bravoure, par contre, n’ont rien à voir avec un comportement fonceur ou hasardeux. Cela se voit dans son attitude à Aspern ou à Austerlitz.