Wulf-W. Lapins

 

Le but de cette étude est de livrer un article sur la normalisation des relations entre les Serbes et les Kosovares sans se limiter à des réflexions légalistes, moralistes ou de politique réaliste, réflexions qui seraient tout à fait possibles lors de l’analyse en question. L’auteur est conscient du fait que l‘état actuel de coopération n’est pas encore assez développé ni solidifié pour présenter une analyse mûre et critique. Dans ce contexte, l’analyse politique présentée dans cet article (analyse basée sur des connaissances empiriques) ne redessine que le processus de règlement politique continu. Seulement si on connait le contexte et les relations historiques, c’est-à-dire la situation du monde d’hier, on peut aussi comprendre la situation du monde d’aujourd’hui. Présenté sous forme d’échantillons représentatifs, l’article traite de divers domaines d’examen qui sont essentiels pour la question d’orientation suivante : « Est-ce que l’assimilation de points de vue et de positions a favorisé la résolution du conflit entre la Serbie et le Kosovo et ainsi initié un « changement par approche » et par conséquent, un changement des paradigmes politiques ? » Cette question est très importante pour la construction d’une culture de stabilité sur le Balkan occidental et, ainsi, pour l’ordre de sécurité et de paix européen. Comme bleu historique pour la résolution envisagée du conflit ethno-territorial entre la Serbie et le Kosovo, la diplomatie bruxelloise - comme médiateur entre la Serbie et le Kosovo - se sert de l’idée de base de la politique allemande de l’Est et de détente. Dans le cadre de cette politique, on essaya de surmonter la guerre froide par le biais d’un désamorçage du conflit. Déjà en 2010 - deux ans avant le début des négociations entre des politiciens serbes et kosovares de haut rang - on discutait le modèle interallemand dans des cercles scientifiques et diplomatiques comme modèle de référence pour une future coexistence des Serbes et des Kosovares. Outre l’accès à l’UE, le Kosovo veut aussi absolument devenir membre de l’OTAN. La Serbie, par contre, ne veut pas (encore) marquer un tel pas pour des raisons de politique intérieure et peut-être aussi pour des raisons de politique extérieure par égard à la Russie. Quelles que soient les décisions prises à Pristina, Belgrade et Bruxelles, elles vont avoir une dimension de politique de sécurité pour l’Europe ainsi que pour la relation entre l’Europe et la Russie. Dans ce contexte, l’art de gouvernance européen, dans le cadre d’une politique coordonnée, commune et donc seulement possible à petits pas, va résider dans la capacité de générer une sécurité commune à long terme pour le Balkan occidental. Déjà pendant le processus de rapprochement à l’UE - et pas seulement dans son cadre de référence - la performance politique de la Serbie et du Kosovo réside dans le développement d’une compréhension commune pour les rôles qui les affectent mutuellement.