Walter J. Unger/Sigmar Stadlmeier/Andreas Troll

 

Dans le contexte présent, ce sont d’abord les compétences comme « le maintien de l’ordre et de la sécurité publics » et « les affaires militaires » qui sont traitées. La première compétence est, d’après la constitution autrichienne, dans les mains du ministre de la Défense, la deuxième est une tâche du ministère de la Défense et de l’Armée autrichienne. Ici s’ajoutent, en ce qui concerne les forces armées, les missions à l’étranger ainsi que des missions d’appui pour des autorités non-militaires (assistance à la police ou en cas de catastrophes). La loi autrichienne relative au service militaire règle en premier lieu l’organisation interne des forces armées et concrétise dans le § 2 les missions à remplir par les forces armées, missions qui ont un statut constitutionnel, c’est-à-dire : la défense militaire du territoire autrichien, l’assistance à la police de sécurité, le soutien en cas de catastrophes et les missions à l’étranger. Dans ce contexte, on détermine que la mission principale est celle de la « défense militaire du territoire autrichien », mission qui comprend aussi la préparation générale des opérations militaires, la préparation immédiate des opérations et les mesures à prendre après une opération. La préparation générale sert à garantir une capacité opérationnelle permanente par la création des conditions nécessaires pour les opérations, surtout de nature personnelle et matérielle. L’énumération purement démonstrative (« surtout ») n’exclut pas d’autres préparations (de nature immatérielle, par exemple) et permet aussi d’effectuer des préparations opérationnelles dans le domaine de cybersécurité. La préparation opérationnelle immédiate sert à renforcer et à élargir la capacité opérationnelle des Forces armées autrichiennes en cas de danger pour l’indépendance vis-à-vis de l’étranger ou pour l’intégrité ou l’unité du territoire autrichien - dangers identifiés par l’observation permanente de la situation militaire et de politique de sécurité. L’ »observation permanente » est un fait présupposé dans cette directive parce que c’est elle qui fournit finalement des indices pour des dangers éventuels. Dans ce contexte, il faut aussi observer le développement de la situation dans l’espace cybernétique afin d’identifier des indices pour des menaces massives tournées contre l’indépendance nationale (liberté d’action sans pression venant de l’étranger). L’ancien inspecteur général de la Bundeswehr, le général en retraite Klaus Neumann, pense que des pays neutres du 21e siècle pourront maitriser les dangers en majorité globaux « seulement à travers des alliances ou des organisations internationales ». Au 21e siècle, la défense comprend non seulement les trois dimensions connues (terre, air, mer), mais aussi l’espace et le secteur cybernétique. La défense ne sera plus seulement une tâche des forces armées ; elle « exigera l’interconnexion de toutes les forces de sécurité et un commandement interministériel qui réagit à bref délai et qui comprend la totalité d’un état. Ce commandement s’étendra de la protection dans des cas de détresse humanitaire et des catastrophes naturelles, en passant par la lutte contre le crime organisé jusqu’à la défense contre les effets des armes NBC, des moyens d’attaque aérienne et d’attaque cybernétique ». Les propos de Neumann confirment le chemin emprunté par l’Autriche et devraient favoriser l’achèvement rapide du développement conceptionnel et faire avancer la construction et l’aménagement des instruments prévus pour la protection de l’espace cybernétique. Par l’interconnexion nationale de toutes les forces de cybersécurité et de défense implantées dans l’Union européenne et grâce à un partenariat avec l’OTAN, on devrait arriver à une protection suffisante et résistante de l’espace cybernétique.