Reinhard Scholzen

 

La période transitoire du Moyen Age jusqu’aux temps modernes est normalement liée à de nombreux événements plus ou moins marquants et à des changements sociaux comme, par exemple la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492 et la conquête de Grenade la même année.

De plus, la fin de l’Empire romain d’Orient en 1495 représentait aussi une césure comme la Réformation (par le soi-disant affichage des thèses luthériennes en 1517) et la Guerre des Paysans de 1524-1526. Les changements de la structure sociale dans le Reich allemand qui se déroulèrent en même temps vont souvent être traités - sous l’aspect de la période de mutation  -  avec une priorité inférieure. Ces changements englobent d’un côté l’essor des grandes villes commerciales allemandes (avec un exode rural qu’on pouvait constater dans beaucoup de territoires) et, de l’autre côté, une augmentation de pouvoir des princes territoriaux qui avait déjà commencé au Haut Moyen Age, ainsi que l’affaiblissement du pouvoir de la petite noblesse depuis la fin du Moyen Age. Le texte suivant va décrire la vie de Franz von Sickingens, le dernier chevalier, qui, pendant cette période de crises, représentait une exception à certains égards. Franz von Sickingen était connu comme un commandant militaire qui avait beaucoup de succès. De plus, il était le commandant de la chevalerie rhénano-souabe au milieu du 15e siècle, commandant qui s’engageait pour la Réformation et la sécularisation des biens ecclésiastiques. Au début, Franz von Sickingen servit l’empereur Maximilian I. Néanmoins, quand il déclencha de plus en plus de litiges dans les villes à partir de 1515, il fut finalement banni par l’empereur, malgré la Paix Territoriale de 1495 toujours en vigueur. Afin de sauver son influence politique, il entra au service du Roi français. Au nom de celui-ci, il conquit, entre autre, la ville impériale de Metz pour la France. Peu avant sa mort, le roi Maximilian fit revenir Sickingen dans son camp, parce qu’il lui semblait trop dangereux comme militaire au service des Français. En 1522, Sickingen, en tant que commandant de la chevalerie rhénano-souabe, essaya d’attaquer la principauté et l’épiscopat de Trier. Par cette attaque, il commença sa « guerre des chevaliers ». Néanmoins, le siège de Trier échoua en septembre 1522. Lors de la contrattaque de Trier, Franz von Sickingen dut, sous la pression d’une force puissante, se retrancher dans le château de Nanstein fin avril 1523. Suite à un bombardement massif, le château tomba. Peu après, Sickingen succomba à une blessure grave reçue pendant le bombardement. Peu à peu, les dures conditions de paix des vainqueurs furent assouplies pour ses fils. Ainsi, en 1533, le château de Hohchkönigsburg, situé en Alsace, entra en possession des Sickingen. En 1542, on mit un terme définitif aux litiges à Heidelberg en redonnant tous les biens aux fils de Franz von Sickingen. Par la suite, le nombre de litiges diminua considérablement, mais augmenta ensuite de nouveau à cause des manques importants dans le système juridique. Pour cela, l’ordre juridique pénal de Karl V., la dite « Carolina », reprit l’instrument des litiges en 1532 et les subdivisa en litiges justes et injustes. Malgré toutes ces mesures, la paix éternelle s’imposa finalement. Ce développement finit enfin par le monopole du pouvoir étatique, qui représente la caractéristique d’un état.