Wulf-W. Lapins

 

Depuis le début de « l’ancienne » République fédérale d’Allemagne en 1949 jusqu’à sa fin, sous forme d’une réunification paisible en 1990, il y avait un fantôme qui hantait dans les cercles politiques responsables de la sécurité externe : c’était le fantôme d’une capacité de défense estimée comme précaire à cause de sa fixation sur l’image de menace constante d’une attaque potentielle militaire russe. Du point de vue officiel, les scénarios de menace se reflétaient dans les huit livres blancs publiés par le ministère de la Défense de 1969 à 1985, dans des études de spécialistes politiques de défense de haut rang, parfois aussi de façon alarmante dans des médias imprimés comme dans des publications d’anciens militaires de haut rang de l’OTAN et des officiers d’état-major allemands. En revanche, la politique de sécurité est vue aujourd’hui comme l’ensemble des mesures prises dans les conceptions de prévention et de maitrise de crises, de conflits, et de développements menaçant la paix. Le devoir de la société est de mener un discours critique avec la politique sur la nouvelle orientation de la politique extérieure et de défense allemande. Les trois sujets suivants devraient figurer au centre des réflexions : premièrement, le pouvoir de l’Allemagne en Europe correspond de facto à celui des USA dans l’OTAN. L’exécution d’un pouvoir comparable, néanmoins, n’est pas dans l’intérêt de l’Allemagne et ne devrait pas être assumée par celle-ci sous la pression de quelqu’un d’autre. Pour les états européens, les USA ont toujours été un réassureur et acteur pour l’équilibre du pouvoir sur le continent européen - même s’ils ne l’étaient jamais sans poursuivre leurs propres intérêts. Néanmoins, la volonté des USA d’assumer leur responsabilité de façon continue est en train de se dégrader. Par conséquent, l’Allemagne a le devoir d’accepter son rôle croissant sérieusement et consciencieusement. Cela veut dire que Berlin doit, d’abord, dans le cercle d’une coopération confiante et par le biais de dialogues, d’accords entre les partenaires, de compromis (comme résultat de différents points de vue), de décisions transparentes et de l’intégration surtout aussi des petits pays-membres européens, renforcer la solidarité de la Communauté de sorte que Bruxelles soit capable, dans son rôle d’acteur indépendant, de participer de façon réfléchie et crédible à la conception de la politique internationale. Deuxièmement, la participation à l’installation de la Cour pénale internationale fut exemplaire pour les investissements de l’Allemagne dans le développement de l’ordre légal international. Avec un engagement comparable, la politique allemande devrait aussi intervenir en faveur du développement de la « Responsibility to Protect » (responsabilité de protéger) comme norme future du droit international, afin d’imposer la liberté et les droits de l’homme. Dans ce contexte, l’accent devrait être mis sur l’élargissement et la consolidation de la responsabilité de protection préventive. Troisièmement, pour que l’UE puisse réellement assumer un rôle substantiel et actif comme un acteur qui parle « avec une voix unique » parmi l’ordre international, rôle soumis à la justice, à la stabilité et à la paix, l’Allemagne devrait abandonner le principe de l’intergouvernementalité dans le domaine de la politique extérieure et de sécurité en faveur de la supranationalité. Avec ses efforts actifs pour une nouvelle structure de l’UE, l’Allemagne émettrait un signal important dans ce contexte.