Friedrich W. Schembor

 

L’uniforme, en tant que vêtement homogène, surtout des militaires, connait un passé mouvementé. D’abord, il servait de « tenue de travail » et pour se distinguer de l’ennemi. Il fut aussi un symbole de fierté après une guerre couronnée de succès, montrant clairement que celui qui le portait s’était battu contre l’ennemi. Pendant de longues périodes de paix, comme par exemple il y a une centaine d’années, il devint de plus en plus un vêtement de mode. Les porteurs d’uniforme ont fêté de vrais triomphes dans toutes sortes de média, du roman à quatre sous jusqu’à l’opérette, parce qu’à cette époque le « sexe tendre » les désirait, d’autant plus que l’empereur François Joseph I a porté l’uniforme pendant toute sa longue régence. Quand la 1ère Guerre mondiale, qui causa beaucoup de souffrance parmi la population, fut perdue, la fin des uniformes fut aussi scellée pour une longue période. Le même phénomène s’est reproduit après la 2e Guerre mondiale. La situation fut complètement différente il y a 200 ans, quand l’Autriche mena une guerre contre la France. Le texte suivant va montrer comment on traitait l’uniforme au temps des Guerres napoléoniennes, l’uniforme qui était porté par les militaires ainsi que par les civils qui participaient à la guerre. L’attitude de l’empereur François II (I) joua naturellement un rôle décisif dans ce contexte. La vie de l’empereur fut marquée par la frugalité, la simplicité et la modestie. L’uniforme n’était pas seulement une « tenue de travail » pour les soldats et n’était pas porté pour protéger ses propres vêtements ; en premier lieu il devait distinguer les soldats des civils vis-à-vis de l’ennemi parce que seulement les soldats avaient le droit de se battre « légitimement » avec des armes dans une situation de guerre. Quand on voyait des civils avec l’arme à la main, on les prenait pour des partisans, c’est-à-dire des gens qui soutenaient un parti belligérant - dont le terme « partisan ». En ce qui concerne les combattants sans uniforme, aucun état ne pouvait intervenir quand ils étaient capturés, torturés ou même condamnés à mort. Avec la formation des unités de défense territoriale, cette séparation stricte fut effacée. C’est aussi la raison pour laquelle on distinguait entre des officiers militaires et civils. Comme quelques officiers bourgeois viennois portaient leurs décorations militaires aussi en Moravie, l’archiduc Karl obtint une décision de l’empereur qui permit aux officiers civils de porter leurs uniformes et leurs décorations, mais seulement là où ils habitaient, lors de la Fête Dieu, pour la Fête de la Peste, pour la Fête des Bans et lors des enterrements bourgeois. Même une demande écrite de la Milice Bourgeoise de Vienne, dans laquelle on soulignait que l’impératrice Marie-Thérèse avait déjà permis en 1760 aux officiers supérieurs bourgeois de porter l’uniforme sans restrictions, ne put plus changer la décision de l’empereur. Finalement, le texte décrit aussi comment les autorités civiles surveillaient l’aspect extérieur de la population pour éviter la mauvaise influence de la mode étrangère.