Michail Logvinov

 

Ce texte va élaborer, à l’aide d’exemples tirés de l’histoire du terrorisme de droite dans l’Allemagne de l’après-guerre, des indicateurs pertinents du terrorisme. L’accent sera mis sur quatre dimensions analytiques: les acteurs, les idéologies, les groupes de référence et les conditions-cadre, éléments auxquels les indicateurs importants sont reliés. Ceux-ci, à nouveau, servent de surfaces de projection pour l’analyse de sous-indicateurs possibles et plausibles qui élucident les dimensions de danger de l’extrémisme de droite dans sa relation avec le terrorisme. Pour l’essentiel, cette contribution se concentre sur la question de savoir sous quelles conditions et dans quelles constellations on doit s’attendre au dépassement de la frontière vers la violence terroriste. Les acteurs de l’extrême droite qui partagent les qualités décrites plus haut, nécessitent donc l’attention particulière des services de sécurité ainsi que la recherche appliquée de l’extrémisme. Bien que le modèle présenté d’analyse sur les indicateurs liés au terrorisme et sur les facteurs de danger dans l’extrémisme de droite puisse seulement être vu comme une première approche de ce phénomène complexe, une grille d’analyse peut contribuer à éclairer de façon multicausale et multidimensionnelle les conditions de naissance d’une analyse des risques. L’avantage du modèle d’analyse développé consiste dans le fait que, d’un côté, il contient les dangers de l’extrémisme de droite et donc, de l’autre côté, il peut contribuer à identifier de possibles développements dans la scène d’extrême droite jusqu’au terrorisme dans le contexte de risque. Le procédé basé sur l’analyse des risques prendrait son départ à partir du niveau des sous-indicateurs ou facteurs de danger pour, enfin, prendre en considération des possibles constellations pertinentes au niveau des indicateurs. Il va de soi que le schéma d’analyse a besoin d’un raffinement adapté aux spécifications de l’extrémisme de droite et du terrorisme de droite dans le passé comme dans le présent. De plus, il est important de trouver les constellations concrètes des facteurs de danger qui pourraient mener au résultat terroriste dans l’extrémisme de droite. Il serait donc nécessaire de mener une recherche comparative et holistique sur des acteurs terroristes de droite avec une vue sur les dimensions d’analyse et sous-indicateurs présentés plus haut. Dans la deuxième étape de la recherche, on devrait analyser les groupes violents qui, malgré l’utilisation d’une violence instrumentalisée, ne se sont pas servis de méthodes terroristes pour identifier d’éventuels facteurs de protection (« résilience »). Ensuite, une analyse comparative sur des groupes similaires qui, cependant, se distinguent par le critère de l’utilisation de violence, aurait dû représenter la conséquence logique dans la gradation de la radicalisation. Un tel programme de recherche aurait permis des réponses sur les conditions dans lesquelles des acteurs ont d’abord recours à la violence politiquement motivée et, ensuite, dépassent la frontière vers le terrorisme. En dépit de lacunes et de déformations possibles, le modèle d’indicateurs-facteurs de dangers semble être un instrument d’analyse prometteur qui permet de mieux apprécier la logique et les potentiels de danger des acteurs terroristes de droite et des groupements d’extrême droite.